Manuel Ortiz et Esther Doyennel
Photo gauche, Manuel Ortiz. Au centre en 1922 avec la "voiture en chêne devant l'hôtel Normandy à Deauville, Fernand Ortiz de Lisieux et Ramon Ortiz de Pont-Audemer. A droite: Esther Doyennel-Ortiz.
Manuel Ortiz, avec ses deux frères et sa soeur Maria, furent les principaux artisans des "Glaces Pompon" à Deauville et Trouville. Arrivé d'Espagne alors qu'il était encore enfant, Manuel dût travailler durement pour survivre. Un moment, il vendra des fruits et légumes rue du Moulin à Vimoutiers. C'est dans cette petite ville de Normandie qu'il rencontra Esther Doyennel. Après leur mariage en 1922, les deux jeunes mariés durent "s'exiler" à Lens dans le Pas de Calais. Puis ils reviendront en Normandie quelques années plus tard pour reprendre la vente de glaces sur la plage à Deauville, comme Manuel l'avait déjà fait en 1919. En 1934, après avoir cédé le fonds de commerce des Glaces Pompon, Esther et Manuel s'établiront sur une exploitation agricole à Saint-Gatien des Bois. Les nouveaux acquéreurs du fonds de glaces étaient André et Suzanne Laurent-Doyennel, cette dernière étant la soeur d'Esther. Les Glaces Pompon ne sortaient donc pas de la famille. Remarquons qu'au début des années 20 et 30, plusieurs membres de cette grande famille Ortiz, originaires d'Espagne (Ramon, Fernand, Manuel, Luiz), s'étaient lancés dans la fabrication et la vente de crèmes glacées en Normandie et à Saint-Dizier pour Luiz. C'est d'ailleurs à Saint-Dizier que se développera par la suite la célèbre entreprise Ortiz-Miko.
1922: Le vendeur Emilio rue Thiers à Deauville avec la voiture en chêne. Fin des années 30, Andrée Laurent et sa cousine Gilberte Godfroy.
Les photos les plus anciennes datent de 1922. Celles-ci nous ont été communiquées par un descendant de la famille Ortiz résidant au Havre. Car, avant les Doyennel et Laurent et Rufin, les Glaces Pompon avaient eu une autre vie... Ainsi, cette photo de 1922 sur la plage de Deauville entre le casino et l'hôtel Normandy, la célèbre voiture en chêne reconnaissable à ses deux barres torsadées en cuivre. Puis cette autre photo rue Thiers à Deauville, Emilio avec la voiture en chêne devant le hangar appelé "réserve". Un oeil attentif remarquera que le mot "Pompons" a été adjectivé puisque, bizarrement, un S lui a été accolé (collection privée de Rafael GREGOIRE).

Depuis 2012, la rue Thiers à Deauville fait l'objet d'une importante opération immobilière. Elle sera bienôt méconnaissable et ainsi disparaitra l'endroit où avait pris naissance cette histoire dans les années 20. Dans la vidéo à droite, le hangard dans lesquel Manuel Ortiz commença la fabication de glaces Pompon est resté inchangé depuis cette époque.

Fin des années 30, rue Thiers à Deauville, André Laurent (mari de Suzanne Doyennel) devant une des voitures à glaces. A cette époque, les panneaux en bois du corps principal de la voiture étaient revêtus de motifs décoratifs représentant des paysages. Un artisan local avait réalisé ce travail.  A droite, Maurice Doyennel devant la même voiture à glaces dite "voiture en bois"